La pollinisation

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Pollinisation, types - La pollinisation des fruitiers - Conclusions

IPour assurer leur descendance, la plupart des plantes fleurissent et leurs fleurs doivent être fécondées pour donner des graines. Il y a plusieurs types de plantes, certaines espèces ont des pieds qui portent des fleurs femelles, et d'autres pieds, des fleurs mâles, ces espèces sont appelées plantes dioïques (di, deux et du grec oikos, maison), (saule, houx, genévrier). D'autres espèces ont sur le même pied des fleurs femelles et des mâles, elles sont appelées plantes monoïques, (noisetier, melon). La grosse majorité des plantes portent des fleurs qui possèdent les éléments des deux sexes, se sont des plantes à fleurs hermaphrodites.

La pollinisation anémophile

Le transport est assuré par le vent, (noisetier, maïs, betterave, olivier, graminées), ces plantes produisent une énorme quantité de pollen qui est emporté par le vent pour polliniser des plantes de la même espèce, parfois à des kilomètres. (rhume des foins).

La pollinisation hydrophile

Le transport est assuré par l'eau pour la plupart des plantes aquatiques, mais aussi par l'eau de pluie pour certaines plantes terrestres.

La pollinisation zoophile

Le transport est assuré par les animaux, (limace, colibri), les plantes fécondées de cette façon ont un pollen gluant, qui se colle à l'animal, lorsqu'il frôle la fleur, mais qui collera encore davantage, sur le pistil d'une fleur de la même espèce, pour la féconder.

La pollinisation entomophile

Ce mode de pollinisation est caractéristique pour près de 80% des plantes, le transport est effectué par les insectes butineurs. Ces plantes ont des fleurs qui produisent une sécrétion sucrée, appelée nectar, dont la plante n'a aucun besoin direct, elle le dispense au fond de ses corolles, uniquement pour attirer les insectes, qui, pour récolter cette manne céleste se faufilent à l'intérieur de la fleur et en sortent avec du pollen accroché dans les poils de leur toison, ensuite ils le transportent inconsciemment, jusqu'au pistil d'une autre fleur où le mécanisme de la fécondation va se dérouler, dès que la fleur est entièrement pollinisée, c’est à dire que chaque ovule est fécondé, la sécrétion du nectar s'arrête, puis la fleur se noue et perd sa corolle. La majeure partie de cette pollinisation est assurée par l'abeille, car elle est un des rares insectes qui hivernent en colonies et ont encore ± 15.000 abeilles à la fin de l'hiver, ce ne sera que vers la fin du printemps, que d'autres insectes, comme les bourdons, quoique, formant de plus petites colonies, viennent à la rescousse des abeilles.

La pollinisation d’une fleur peut se faire par le pollen des fleurs de la même plante ou de plantes de la même espèce.

Dans beaucoup de cas, si le pollen vient de la même plante, comme pour les arbres fruitiers, les fruits sont petits et peu nombreux, parfois pratiquement nuls lorsqu'il s'agit de variétés autostériles, ce qui implique qu'en plus du moyen de transport, il faut un pollen compatible pour féconder, donc une autre variété, de la même espèce, dans le voisinage immédiat, de la plante à féconder.

Par la fécondation croisée, les fruits vont être plus gros et plus nombreux, le gain en poids, par fruit, est souvent de 25 % et le nombre est généralement double. Dans les régions pauvres en abeilles, si des colonies ont été amenées au moment de la floraison et que des plantes "pollinisatrices" ont été implantées le rendement peut être, parfois, multiplié par cinq.

Près de 500 espèces sauvages dont la nature orne nos bois et nos champs, disparaîtraient sans les abeilles.

Pollinisation des arbres fruitiers

Pollinisation des bigarreaux

Le bigarreau Géant d'Hedelfingen et le Hâtif Burlat sont de très bons pollinisateurs. Le premier peut féconder le Guillaume, le Hâtif Burlat, le Précoce Bernard, le Reverchon et le Tardif de Vignola. Le Hâtif Burlat féconde le Géant d'Hedelfingen, le Guillaume, le Napoléon, le Reverchon et le Van.

Pollinisation des cerises, griottes et guignes

Les cerises, les griottes et les guignes sont presque toutes autofertiles et peuvent, en principe, produire des fruits sans l'apport d'un pollen d'une autre variété.

Pollinisation des poiriers

Presque tous les poiriers sont pollinisés par le Bon Chrétien Willams et les quelques uns qui ne le sont pas, sont compatibles avec le Conférence, avec ces deux variétés, qui se pollinisent l'une l'autre, pratiquement tout est couvert et ils portent de bonnes poires.

Pollinisation des pommiers

C'est aussi un cas simple, car presque toutes les variétés sont fécondées par la Reine des Rainettes qui elle-même est fertilisées par la Golden Délicious, la Granny Smith, la Idared, la Jersay Mac et la Melrose, la Idared fertilise les quelques unes qui ne le sont pas par la reine des reinettes.

Pollinisation des pruniers

Une partie sont autofertiles et la plupart des autres fertilisés par la reine claude d'Oullins qui est autofertile mais compatible avec la mirabelle de Nancy et les reines-claudes d'Althan, Dorée et Violette.

POUR LES AUTOFERTILES

Pour les variétés autofertiles, il est erroné de croire que la pollinisation par leur propre pollen est suffisante pour avoir de bonnes récoltes.

Pour rappel, la fécondation croisée de ces variétés, augmente la grosseur des fruits d'environ 25 % et leur nombre est généralement doublé, en un mot donne une bien meilleure récolte. En plus les fruits sont généralement plus beaux et plus savoureux.

Attention ?

Comme toute médaille a son revers, la pollinisation naturelle à le sien, les semences obtenues sont, pour la plupart, hybrides et ne permettent pas de produire des semis d'une variété unique, pour obvier à cet inconvénient il faut isoler les plantes sous des moustiquaires et assurer la pollinisation par une colonie d'abeilles logée sous la protection.

Il arrive dans certains cas, que la pollinisation puisse se faire manuellement avec un petit pinceau, mais il faut prendre beaucoup de précautions, priver la fleur de ses anthères avant de la féconder, et ensuite l'ensacher dans un tulle pour éviter que des insectes ne viennent ensemencer la fleur avec d'autres pollens.

Conclusions

Pour obtenir des fruits ou des graines, il faut des plantes et de quoi les féconder, mais n'oubliez pas que le pollen doit être transporté d'une plante à l'autre jusque sur le pistil, mais bien peu de personnes savent que ce travail est fait, dans la plupart des cas par les abeilles, protégez-la, c'est un auxiliaire de la nature, indispensable pour maintenir l'équilibre de notre écosystème.

Le législateur considère l'abeille comme un "animal utile en voie de disparition", et la protège, sa destruction est interdite, bien peu le savent, les cultures doivent être traitées avec des produits non toxiques pour les abeilles, et en dehors de la période de floraison, si ce sont des arbres qui sont traités, les plantes qui fleurissent dessous doivent êtres fauchées avant de pulvériser l'arbre, c'est prévu par la loi !!

Hélas, les plus grandes hécatombes sont provoquées par ignorance, nombreuses sont les personnes qui pulvérisent à tort et à travers, avec des substances toxiques qu'ils consommeront avec le produit de leur terre, elles tuent, de nombreux insectes utiles qui ne pourront plus accomplir le travail qui rendrait leur terre plus productive, quelle ingratitude vis à vis de la nature, quelle perte pour les récoltes.

Il est bon de savoir que l'abeille, dans un rayon d'au moins trois kilomètres, rapporte des dizaines de fois plus aux cultures qu'à son "maître".

Chez nous, elle n'existe plus que chez les apiculteurs, qui hélas n'en sont généralement pas remerciés.

PROTÉGEZ LA NATURE, REPEUPLEZ-LA D'ABEILLES

Texte : Robert Devleminck "Institut apicole de Charleroi"

Rédaction : Bernard Leclercq