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Un Noël pas comme les autres
ou
la parabole des vignerons
Luc 20.9-19

Une pièce de théâtre en quatre scènes
par
Egbert Egberts

 

Rôles :

Narrateur(s)

Vignerons

Joël

Jaël

Elie

Eliëlle

Serviteurs

Premier

Deuxième

Troisième

Maître

 

Scènes :

 

Arrière-plans en vidéo projecteur

Narrateur off-stage (micro)

1. Noir. Puis, 5 images selon le texte. Ensuite, les personnes se mettent devant.

2. Image 5 de la vigne. Vignerons autour d’une table. Avant 3e serviteur, image 6 avec mur.

3. Noir. Déposer crèche. Ensuite, image 6, spot sur crèche. Puis éteindre spot, arrivée vignerons et lumière générale rouge.

   Fin : voir texte.

4. Image tombeau. Image tombeau ouvert.

Conclusion. Image 5 vigne.

 

 

Scène 1

 

Narrateur :

Au commencement, il n’y avait rien. Rien, sinon le Propriétaire et son Fils.

Un jour, il planta une vigne. Une belle vigne. Une vigne utile. Une grande vigne. Une vigne terrible. Il y mit beaucoup de soin et beaucoup d’amour. Il y planta de jeunes ceps, les meilleurs ceps de vigne qui puissent exister. Autour de la vigne, il mit une haie haute et infranchissable. Il creusa un pressoir lisse et profond pour qu’on puisse y presser le raisin et faire couler le vin. Et il bâtit une tour de guet, solide, haute et impressionnante. Tout était prêt. Quand le Propriétaire fit le tour de sa vigne pour l’inspecter, il était content de son œuvre. Tout était bien fait. Tout était prêt.

Mais il n’y avait encore personne pour cultiver la vigne, pour tailler les ceps, pour entretenir la haie, pour se servir du pressoir, ou pour monter sur la tour

Alors, le Propriétaire embaucha des vignerons. Ils étaient jeunes, beaux et costaux. Ils remercièrent le Propriétaire pour la belle vigne et promirent d’en prendre bien soin pour lui. Il convint avec eux quel serait le prix de la location.

Il y avait Joël, le plus âgé et le plus habile, homme de confiance et connaisseur des grands crûs. Puis, il y avait Jaël, la deuxième, la plus intelligente. C’est elle qui croisait les ceps pour en améliorer encore la qualité. Ensuite, il y avait Elie, le plus fort. Il était chargé de la protection. Enfin, il y avait Eliëlle, la cadette et la plus gentille. Son travail était de prendre soin des autres.

 

Quand tout était en ordre, le Propriétaire partit. Il devait faire un long voyage et avait le cœur tranquille. Sa vigne était en bonnes mains.

 

 

Scène 2

 

Narrateur :

Après un long moment, le Propriétaire envoya un de ses serviteurs vers les locataires, afin de recueillir d’eux le prix convenu sur le produit de la vigne. Le serviteur parcourut la vigne et admira le beau travail des locataires.

Ce soir-là, les locataires se réunirent en comité de gestion avec le serviteur.

 

1er serviteur :

Je suis venu de la part du Propriétaire pour recueillir la somme convenue sur le produit de la vigne.

 

Joël :

C’est que les temps sont durs, le climat instable ...

 

Jaël :

Et malgré tout notre travail, il y a trop de ronces, et pas assez de fruits.

 

Elie :

Et la région est infestée d’animaux féroces et de brigands violents. Nous passons tout notre temps à nous défendre.

 

Eliëlle :

Et puis, les prix ont tellement grimpé que la nourriture est hors de prix !

 

Tous :

Nous ne pouvons pas payer !

 

1er Serviteur :

Voilà de biens belles paroles. Mais est-ce bien la vérité ? Voyez, la vigne est splendide, le Maître a tout fait à merveille. C’est que vous ne voulez pas payer, voilà tout !

 

Elie :

Tu oses parler comme cela contre des honnêtes travailleurs ? Voilà pour toi !

 

(Il le frappe) 

 

Va-t-en maintenant et ne reviens plus jamais !

 

Narrateur :

Quelque temps après ces événements, le Propriétaire envoya un deuxième serviteur.

 

2me serviteur :

Je viens recueillir des fruits pour votre Maître comme il en a convenu avec vous. Voyez ici mon sac.

 

Jaël :

Encore un de ces casse-pieds ! Ne pourra-t-on jamais travailler tranquillement ici ? Ne vois-tu pas qu’il n’y a rien ? Il y a juste assez pour nous. Ton rapace de Maître est déjà riche assez !

 

Joël :

Tu sais ce que je vais faire de ton sac ? Un chapeau contre le soleil.

 

(Il enfonce le sac sur la tête du serviteur)

 

Elie :

Allez, ouste ! Dégage d’ici !

 

(Il le frappe sur la tête avec son bâton)

 

Eliëlle :

Voilà, il aura compris !

 

Narrateur :

Nous sommes quelques mois plus tard. Un grand mur se dresse maintenant à la place de la haie. Or, voici qu’un troisième serviteur se présenta à la porte de la vigne.

 

3me serviteur :

Ouvrez ! Je viens de mon Maître, votre Propriétaire, pour recevoir de vous la somme convenue pour la location.

 

Elie :

C’est pas vrai ! Il ne comprendra donc jamais ? Et bien, cette fois-ci c’est fini !

 

(Aux autres :)

Ne dites rien, je vais lui régler son compte. Allez, Joël, ouvre-lui la porte. Jaël, Eliëlle, hors du chemin !

 

(Il tire son revolver) 

 

Entrez donc, honorable serviteur. Nous payons notre dû avec du plomb. Le voici !

 

(Il tire, le serviteur s’écroule)

 

 

Scène 3

 

Narrateur :

Ainsi firent-ils avec tous les serviteurs de leur Propriétaire, de façon qu’il ne resta plus personne qui voulut y aller. Que faire ? Envoyer les forces de l’ordre, briser le mur et punir justement les locataires ? Ou abandonner la vigne aux vignerons ?

Il ne lui restait que son Fils bien-aimé. Pourrait-il ramener les vignerons à de meilleurs sentiments ? Voudrait-il seulement y aller ? Enfin, il envoya son Fils unique. "Lui, au moins, ils le respecteront", se dit-il. Ainsi, dans une nuit comme la première nuit, il introduisit son Fils dans la vigne.

 

(Crèche, pleurs d’un bébé) 

 

Mais quand les locataires se rendirent compte que c’était le Fils du Propriétaire, une rage sauvage et calculée se rendit maître d’eux.

 

(Lumière rouge)

 

Jaël :

Voici l’héritier ! C’est lui qui va tout recevoir  Il n’y aura rien pour nous !

 

Elie :

Oui, c’est encore pire que les serviteurs. Celui-ci n’est qu’un voleur venu pour nous exploiter !

 

Joël :

Jamais, nous ne serons les esclaves de qui que ce soit ! Nous serons libres !

 

Eliëlle :

Il va finir par manger tout ce qu’il y a et nous finirons comme des pauvres !

 

Jaël :

M’enfin, pourquoi hériterait-il de notre vigne à nous ? C’est nous qui avons travaillé...

 

Eliëlle :

et taillé les ceps...

 

Joël :

et pressé les raisins...

 

Elie :

et protégé les vendanges.

 

Tous :

Il est un criminel ! Nous ne voulons pas que celui-ci soit notre Maître ! Aux armes ! Tuons-le ! A bas le potentat !

(Ils se ruent sur la crèche avec les armes qu’ils ont ramassées et commencent à frapper l’enfant. Ensuite, ils sortent des couronnes de la crèche et se couronnent. Hurlements, tambours, cri de mort d’un enfant. Puis, un silence abrupt, de mort. La lumière s’éteint en même temps. Pendant les paroles suivantes, un spot illumine la croix.)

 

Narrateur :

"Il était méprisé, et nous n’avons fait aucun cas de sa valeur.
Pourtant, en vérité, c’est de nos maladies qu’il s’est chargé,
et ce sont nos souffrances qu’il a prises sur lui.
C’est pour nos péchés qu’il a été percé, c’est pour nos fautes qu’il a été brisé.
Le châtiment qui nous donne la paix est retombé sur lui.
L’Eternel a fait retomber sur lui les fautes de nous tous.
On l’a frappé, et il s’est humilié, il n’a pas dit un mot.
Semblable à un agneau mené à l’abattoir, tout comme la brebis muette devant ceux qui la tondent,
il n’a pas dit un mot.
Il a été arraché à la vie par la contrainte, suite à un jugement.
Et qui, parmi les gens de sa génération, s’est soucié de son sort, lorsqu’on l’a retranché du pays des vivants ?
Il a été frappé à mort à cause des péchés que mon peuple a commis."

(Esaïe 53.3-8)

 

 

Scène 4

 

(Lumière, musique)

(Vignerons et une figure en blanc)

 

Narrateur :

Ainsi, le Fils fut tué par l’orgueil et l’égoïsme des locataires. Sur son tombeau, ils avaient apposé une plaque en cuivre sur laquelle étaient inscrits ces quelques mots:

Ci gît le Fils du grand Propriétaire.
Il est venu et n’a pas été reçu.

De riche qu’il était, il est devenu pauvre.

Mais ce tombeau glacial, soigneusement fermé, n’a pu le retenir. Aux yeux terrifiés des locataires s’est ouvert un trou béant. Il n’était plus là. La prison de la mort a dû lâcher sa proie.

 

Vignerons :

C’est lui, le Maître ! Il est revenu nous tourmenter pour nous punir et nous damner ! Aaah !

 

Le Maître :

(Ouvre ses bras; la marque des clous est visible)

Mes pauvres amis, c’est moi, n’ayez pas peur ! Vous pouvez encore trouver pardon. Ne comprenez-vous pas que ce fut pour vous que tout cela a été accompli ? Repentez-vous donc, et venez ! Joël, Elie, Jaël, Eliëlle, mes amis, venez !

 

Joël, Elie, Jaël :

Jamais tu ne nous auras avec tes paroles mielleuses !

 

(Ils jettent sur lui leurs armes (en carton !) qui, bien sûr, ne font aucun effet)

 

Seule Eliëlle, hésitante, vient à ses pieds.

 

Eliëlle :

Pardon, pardon, oh, peux-tu pardonner tout ce que j’ai fait ? J’ai dû être hors de moi, sans savoir ce que je faisais, et pourtant... Seigneur, s’il te plaît, pardonne-moi !

 

Elie :

Quelle traîtresse ! Tu oses maintenant nous abandonner à notre tourment ?

Voilà pour toi !

 

(Il la tue)

 

Narrateur :

Que fera donc le Maître de la vigne ? Il viendra, fera périr les vignerons et donnera la vigne à d’autres.

 

(Les trois saisissent soudainement leur cœur et tombent morts)

 

Mais les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père.

 

(Le Maître lève Eliëlle, et souriante, elle part avec lui)

 

 

Conclusion de la pièce si jouée à Noël :

 

Narrateur :

Christ a raconté un jour le gros de cette histoire que nous venons de vous jouer. Noël, n’est-ce pas l’histoire de sa venue ? La lumière a illuminé nos ténèbres, notre nuit est devenue comme le jour. Mais au lieu de l’accueillir et de vivre selon sa Parole, nous l’avons éliminé de notre vie et de notre monde. Nous avons voulu être nos propres maîtres, et nous l’avons tué. Lui, le Maître, a accepté de mourir pour nous. Mais ce n’est pas tout. Jésus-Christ est ressuscité. Il est vivant ! Et aujourd’hui, il se présente à nous et nous invite. Entendrons-nous sa voix ?

 

Conclusion de la pièce si jouée à Pâques :

 

Narrateur :

Peu de jours avant sa mort sur la croix, Christ a raconté le gros de cette histoire que nous venons de vous jouer. L’histoire de sa vie, c’est l’histoire de la lumière qui a brillé dans nos ténèbres. Mais au lieu de l’accueillir, nous l’avons éliminé de notre vie et de notre monde. Nous avons voulu être les maîtres, et nous l’avons tué. Lui, le Maître, a accepté de mourir pour nous. Mais ce n’est pas tout. Jésus-Christ est ressuscité ! Il est vivant ! Le tombeau est vide ! Et aujourd’hui, il se présente à nous et nous invite. Entendrons-nous sa voix ?

 

 

Fin


Il n’est pas fou celui qui perd ce qu’il ne peut garder, afin de gagner ce qu’il ne peut perdre. (Jim Elliot)