ISIS

 

La déesse Isis apparaît à l’Ancien Empire et, au fil du temps, devient la déesse majeure du panthéon égyptien. En tant que fille de Geb (la Terre) et de Nout (le Ciel), elle appartient à l’assemblée des neuf dieux d’Héliopolis, appelée la grande Ennéade. Elle est la sœur d’Osiris, Nephtys et Seth. Osiris deviendra également son époux et de leur union naîtra le dieu Horus. Avec Osiris et Horus, elle forme une des triades les plus importantes du panthéon égyptien. 

Isis est très populaire en Egypte ancienne car elle a de l’influence dans tous les domaines aussi bien sur terre que dans l’au-delà : la royauté, la famille, la magie, l’embaumement et le passage dans l’autre monde.

Le nom égyptien d’Isis est Iset. Il s’écrit à l’aide du signe du trône et signifie « le siège ». Elle est donc la personnification du trône d’Egypte. En tant qu’épouse du premier roi, Osiris, et mère de son successeur, Horus, Isis est garante de la royauté. Elle est également la protectrice du pharaon, le représentant d’Horus sur terre.

Sa renommée provint du mythe osirien, également appelé la « Quête d’Isis »,  dans lequel elle est une épouse fidèle prête à tout pour faire renaître son époux Osiris. Le mythe décrit les différentes épreuves auxquelles Isis fait face pour retrouver le corps de son époux enfermé par Seth dans un coffre et jeté au Nil. Une fois le corps en sa possession, elle lui rend sa puissance sexuelle et conçoit un fils posthume, Horus. Seth ayant retrouvé le corps d’Osiris et l’ayant éparpillé dans toute l’Egypte, elle repart en quête afin de rassembler les différents morceaux. Dans la deuxième partie du mythe, nous voyons Isis en tant que mère protectrice et vigilante. Elle doit en effet protéger le jeune Horus des attaques incessantes de son oncle Seth. Isis devient donc la protectrice des femmes et des enfants.

Elle est également «la Grande Magicienne » et donc une grande guérisseuse. Dans le mythe osirien, elle utilise la magie à plusieurs reprises à des fins bénéfiques (pour protéger Horus) et pour accomplir sa quête (faire revivre Osiris). Un autre mythe nous montre en effet comment elle utilisa sa magie pour étendre son emprise sur le dieu Rê en le forçant à lui révéler son nom caché.

Elle a également un rôle funéraire important puisqu’elle participa, avec Anubis, à la momification de son époux Osiris. Tous les défunts étant des Osiris, ils sont donc protégés par Isis qui, avec Nephtys (sa sœur), Selkis (la déesse scorpion) et Neith (la déesse du combat), les protège durant leur voyage dans l’Au-Delà. Avec Nephtys, elle est souvent représentée de part et d’autre du lit funéraire où elles jouent le rôle des pleureuses divines. Isis est une déesse importante dans l’Au-Delà puisqu’elle accompagne le défunt au cours de ses transformations. C’est pour cette raison qu’à partir de la XVIIIe dynastie, Isis est constamment présente sur les murs des tombes.

 

Isis est souvent représentée anthropomorphe, debout auprès d’Osiris ou assise tenant Horus sur ses genoux. Elle porte sur la tête le hiéroglyphe de son nom ou, à partir de la XVIIIe dynastie, la coiffure hathorique constituée du disque solaire encadré des deux cornes de vache. Elle est parfois pourvue d’ailes. Cela provient peut-être également du fait que dans le mythe osirien, elle se transforme en une oiselle (faucon ou milan) afin de chercher les membres d’Osiris et se faire féconder par lui. La représentation d’Isis lactens tenant l’enfant Horus sur ses genoux sera reprise par le christianisme en tant que prototype de la Vierge à l’Enfant.

A partir du Nouvel Empire, Isis est souvent assimilée à la déesse Hathor.  En plus de lui emprunter sa coiffure hathorique, elle prend certaines de ses caractéristiques mythologiques.

A l’époque tardive, le culte d’Isis connut une importance croissante au point de devenir LE culte principal. Elle devient une déesse universelle et son culte se répand dans tout le bassin méditerranéen et même au-delà, jusqu’en Gaule et en Grande-Bretagne.

 

 

Isis et son temple

Son culte à Philae, son temple principal en Egypte, perdura jusqu’en 540 après J.-C. lorsque l’Empereur Justinien ordonnera la fermeture de tous les temples païens de l’Empire. C’est à Philae que la dernière inscription en hiéroglyphe fut gravée le 24 août 394 après J.-C. sur le mur de la porte d’Hadrien. Fort heureusement, le temple ne fut pas détruit. Il s’agit en effet d’un des plus beaux d’Egypte. Sa situation sur une île aux confins de l’Egypte en fait un lieu mystérieux et magique.

 

Ecrit par: Isabelle Bourleau