La découverte de la tombe de Toutankhamon dans la Vallée des Rois en 1922 est un événement sans précédent dans l’histoire de l’archéologie égyptienne. Jamais à ce jour un trésor si magnifique, si important tant par sa valeur que par sa quantité ne fut mis à jour. Il est de plus amusant de constater que cette découverte arrive juste un siècle après le déchiffrement des hiéroglyphes par Champollion en 1822.
Le découvreur de la tombe est Howard Carter, un archéologue anglais au parcours atypique. Né le 9 mai 1874 à Londres dans une famille modeste, il devient, à 17 ans, dessinateur et copiste de l’Archaeological Survey of Egypt. Puis il travailla avec le grand égyptologue britannique Sir William Matthew Flindres Petrie sur le site d’Amarna (ancienne capitale du pharaon Aménophis IV-Akhénaton). C’est là qu’il acquiert de l’expérience et devient un véritable archéologue. En 1899, à 25 ans, Carter est nommé inspecteur général des monuments de Haute-Egypte. Il y dirige les sites de Karnak, Louxor, la Vallée des Rois et Deir el-Bahari. Son excellent travail lui vaut d’être nommé en 1903 inspecteur de la Basse et de la Moyenne Egypte. Malheureusement, un stupide incident avec des touristes français l’oblige à démissionner. Quelques années plus tard, en 1906, il rencontre Lord Carnavon, un riche comte anglais désireux d’entreprendre des recherches dans la Vallée des Rois.
De 1907 à 1912, Carter et Carnavon explorent une quinzaine de sites de la zone thébaine de part et d’autre du Nil. En 1914, Carter persuade son mécène d’entreprendre des fouilles dans la Vallée des Rois. Gaston Maspero, le directeur du Service des Antiquités, leur accorde le permis tout en étant persuadé qu’il n’y a plus rien à trouver. Mais Howard Carter était à la recherche d’une tombe bien précise, celle d’un petit pharaon de la XVIII° dynastie appelé Toutankhamon. Il avait en effet méticuleusement étudié l’histoire de la Vallée des Rois et était persuadé que certains endroits, recouverts par les fouilles précédentes, n’avaient pas été correctement examinés. Les fouilles, interrompues pendant la première Guerre Mondiale, reprennent en 1917. Carter divise la Vallée des Rois en secteurs qu’il fouille méthodiquement. Il lui faudra cinq années de fouilles méticuleuses mais malheureusement infructueuses pour voir enfin apparaître, le 4 novembre 1922, les premières marches descendant vers le tombeau de Toutankhamon. Cependant, il ne pouvait descendre dans la tombe sans son ami et mécène Lord Carnavon. Prévenu de la découverte, celui-ci arrive sur les lieux le 24 novembre.
Deux jours plus tard, lorsqu’il demande à Carter, lequel venait de percer un trou dans la porte d’accès, si il voit quelques choses dans le tombeau, celui-ci lui répond : « Oui, des merveilles ! ». En effet, l’antichambre contient un véritable bric-à-brac. Dix semaines seront nécessaires pour vider la pièce qui contenait entre 600 et 700 objets.
Le vendredi 17 février 1923, Carter et son équipe sont enfin prêts à percer le mur donnant sur la chambre funéraire. Une fois le passage dégagé, Carter croit qu’il se trouve en face d’un mur d’or. En fait, la pièce est presque entièrement occupée par quatre chapelles en bois plaqué d’or emboîtées les unes dans les autres. Il fallut quatre-vingt-quatre jours pour atteindre le premier sarcophage en quartzite rouge. L’ouverture du sarcophage eut lieu le 12 février 1924. Sous un drap de lin, un des sarcophages anthropomorphes à l’image du roi apparaît. En octobre, après avoir fait construire un échafaudage pour protéger l’autre cercueil, le couvercle du sarcophage est ouvert. Il contient un autre sarcophage qui est ouvert le 11 novembre. Le dernier, en or massif, mesure1,85 m et pèse 110 Kg et renferme la momie de Toutankhamon. Celle-ci, mal embaumée était en très mauvais état et il fallut sept jours pour l’extraire de son cercueil. Sur la momie se trouvait l’une des pièces maîtresse du trésor à savoir le masque funéraire en or incrusté de lapis-lazuli, de cornaline et de verres de couleur qui pesait onze kilos. La tombe contenait encore deux autres pièces : la chambre annexe ou salle de la Renaissance et la chambre du trésor.
Les fouilles, l’inventaire et la restauration des objets dureront dix ans. En effet, presque 3 000 objets précieux, trônes, statues, meubles, armes seront extraits des quatre pièces de la sépulture. A proximité du lieu de fouilles, des tombes dont celle de Séthi II sont réquisitionnées pour entreposer les objets et installer des laboratoires. Chaque objet fut numéroté et photographié à l’endroit de sa découverte avant d’être sorti de la tombe. Ensuite, il était enlevé avec soin, transporté au magasin-laboratoire, nettoyé, décrit, dessiné, analysé, fiché, consolidé et restauré.
Ce dur labeur fut retardé par la vague de curieux, de journalistes qui affluèrent du monde entier. En effet, la nouvelle de la découverte se répandit comme une traînée de poudre et surprit autant qu’elle émerveilla. Et puis survint le décès de plusieurs membres de l’équipe dont Lord Carnavon le 5 avril 1923. La soit disant « malédiction de Toutankhamon » fit couler beaucoup d’encre et ralentit les travaux car les ouvriers égyptiens refusèrent tout un temps de travailler.
Malgré tous les problèmes, Carter continua. Il consacra les vingt dernières années de sa vie à Toutankhamon. Jusqu’en 1932, il travailla à restaurer le trésor. Puis, il entreprit la rédaction du récit de la découverte de la tombe de Toutankhamon. Carter mourut le 2 mars 1939 seul et oublié de tous. Il n’avait connu aucun honneur officiel en hommage à sa fabuleuse découverte.
Ecrit par: Isabelle Bourleau