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Mais qu’est-ce qu’un céladon ?
Il
s’agit de toutes sortes de pièces de formes, vases,
bols, objets de la vie courante ou religieuse
(représentations de divinités) en porcelaine recouverte
d’émail ou d’émail craquelé monochrome. Leur couleur va
du bleu-pâle au
vert-olive. Elle est obtenue
par l’application d’une couverte bleutée sur de l’argile
jaunâtre. Les différentes nuances de couleurs
dépendaient de la quantité de fer contenue dans
l’argile. Ces pièces étaient ensuite cuites en
atmosphère réductrice(4) entre 1200° et 1280° pour la
plupart.
Le
nom "céladon" a été donné en 1617 par les dames de la
cour de Louis XIII en référence au nom du héros du
roman pastoral de près de 5.000 pages d’Honoré d’Urfé
(l’Astrée,1607). Céladon
était le berger dont le costume était toujours agrémenté
de rubans verts et qui après de nombreuses péripéties,
se retira dans un bois de chênes pour y élever un temple
de verdure en hommage à la déesse Astrée.
Les Coréens fabriquèrent de superbes céladons sous la
dynastie KORYO (918-1392). La technique de fabrication
leur fut connue grâce aux Chinois. A la fin du
XVIème siècle, les japonais
envahirent la Corée et découvrirent à leur tour, grâce à
Ri Sanpei (potier captif des
japonais ramené dans leur pays), les techniques de la
porcelaine et du céladon.
Ri
Sanpei explora les collines
avoisinant le village de Nishitaka
et finit par découvrir du kaolin à
Izumiyama, en haut de la rivière
Arita proche du village du
même nom et qui devint plus tard un important centre
porcelainier. Les premières véritables porcelaines
japonaises datent donc du début du
XVIIème siècle .
On
doit citer le premier potier de la célèbre dynastie des
"Kakiemon" qui donnèrent leur nom à un type de décor
particulier : il s’agit de Sakaida
Kakiemon (5) qui réalisa des céladons en suivant
l’exemple coréen.
C’est véritablement à partir de 1800 que les céladons
furent fabriqués au Japon,
principalement dans les villes de
San-O et Set-Gsu.
En
Thaïlande, des principaux
centres de production que furent
Sukhotai et Chiang
Mai, on connaît surtout des céladons allant du brun au
bleu cobalt.
Le
succès de ces pièces fut tel qu’elles furent exportées
vers l’Europe, mais également vers l’Inde et les pays
musulmans. On sait d’ailleurs
que les Mahométans attribuaient des vertus magiques aux
céladons.
Les céladons des XVIIIème et
XIXème siècles sont plus
légers que leurs prédécesseurs.
En Europe, ils furent souvent associés à des
montures en bronze doré qui leur fournissait une
protection en même temps qu’une nouvelle approche
esthétique toute occidentale : aux subtiles nuances des
couleurs orientales se mariait le contraste ostentatoire
des plus belles créations des bronziers européens.
La
fabrique royale danoise de Copenhague produisit dans les
années 1930 de très belles pièces en céladon et céladon
craquelé.
Toutes ces pièces ne sont pas courantes et donc fort
recherchées des amateurs.
Différencier les différentes époques de création des
céladons anciens est affaire de spécialiste.
Vivian Miessen
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