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Symposium de sculpture
les Avins-en-Condroz juin 2003
Mémoire de pierres
En 1977, Michel Smolders et
d'autres artistes sculpteurs ont créé et mis sur pied le
symposium de sculpture des Avins-en-Condroz. Ces artistes étaient
désireux de réaliser des uvres monumentales en "petit
granit" et d'avoir l'occasion de quitter leur propre atelier pour
travailler dans un esprit d'échange et d'ouverture sur l'extérieur.
En collaboration avec les carrières Jullien et le village des Avins,
les sculptures ont été exposées chaque année
dans la commune.
Ce symposium international a invité de nombreux artistes en provenance
de France, d'Allemagne, d'Australie, du Japon, de Norvège, du Canada,
d'Union Soviétique, de Bulgarie, d'Hongrie,
Les artistes belges tels que André Willequet, Philippe Jacques,
Antoine de Vinck, Marcus De Vestele, Michel Smolders lui-même et
bien d'autres ont participé à ce symposium tout au long
de ses années d'existence.
Il s'est arrêté en 1992...
Bruits de burins
Onze ans plus tard, dans la
continuité de cette démarche, sept artistes, les belges,
Anne Cornil, Paty Sonville, Pol Lemaire, Marcus De Vestele, et le russe
Alexander Molev, le néerlandais Arie Molendijk et l'allemand Daniel
Priese ont choisi de travailler la pierre bleue aux carrières des
Avins durant le mois de juin 2003.
Perpétuant une tradition de mécénat, Mr. Bronne des
Carrières Jullien a soutenu le projet en offrant la pierre, l'aide
technique, le lieu de travail et d'exposition. D'autres pouvoirs publics,
sociétés, associations et individus ont apporté leur
aide.
Au bruit des burins, au rythme des coups de masse sur les pointes, les
sculpteurs ont pu confronter leur art : techniques de dégrossissage
du bloc de pierre, rebond de l'acier des différents burins, choix
de l'inclinaison de l'outil, spécificité des masses et maillets,
traces laissée sur la pierre, ...
Paroles minérales
Le symposium a choisi de travailler
la pierre sur son lieu de production, le plateau du Condroz surplombant
la vallée de la Meuse belge. La pierre bleue, parfois appelée
"petit granit" en raison de sa cassure cristalline à
facettes brillantes, est une roche calcaire à structure compacte
et homogène datant des dépôts de mers chaudes du Jurassique
supérieur.
Privilégiant l'échange et la communication entre eux, les
sculpteurs ont préféré la taille manuelle.
Ces techniques créent de plus un rapport au temps et à la
matière différent. Lentement, elles révèlent
la qualité de la pierre qui oriente le travail du dégrossissage
du bloc jusqu'à la finition.
Le sculpteur se trouve ainsi sans cesse, dans un corps à corps,
à l'écoute de sa matière. Les différentes
surfaces et textures obtenues par les outils traditionnels permettent
une grande diversité de langage sculptural ainsi qu'une fine gamme
de tons jouant entre clairs et obscurs.
Après vingt-cinq jours de travail, de discussions et d'échanges,
sept sculptures furent exposées sur le site des Carrières
Jullien, à quelques mètres de l'endroit où elles
ont été réalisées. Le temps d'un symposium,
paroles de femmes, d'hommes, bruits d'outils et de pierres se sont mêlés.
Ce bruissement continue de se propager emportant au loin les connaissances,
les techniques, les savoir-faire, les savoir-voir, les savoir-écouter,
les savoir-rêver...
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